Conseils de pratique Les difficultés

Que faire avec les pensées pendant la méditation ?

Vous avez commencé la méditation, et vous constatez que vos pensées peuvent être particulièrement présentes ?

Que ce soient des pensées sur ce que vous avez à faire ou des pensées sur ce que vous avez vécu, vous avez l’impression qu’elles sont toujours là. Et vous avez l’impression de « rater » votre méditation.

Dans cet article je vous propose d’explorer que faire avec les pensées pendant méditation.

En fin d’article, je vous propose des clefs concrètes pour votre pratique.

Les pensées pendant la méditation :

Pour commencer, je voudrai casser une idée fausse : méditer supprime les pensées. Tout d’abord, ce n’est pas le but de la méditation, mais c’est aussi impossible.

Certaines personnes qui commencent la méditation font souvent cette remarque : «je n’arrive pas à supprimer mes pensées, elles sont toujours là, elles reviennent tout le temps », « j’ai fait une mauvaise méditation ».

Personne n’a dit qu’il fallait supprimer les pensées. Ce n’est pas le but de la méditation. La méditation consiste à observer le flot des pensées, et à essayer de ne pas se laisser embarquer. Une méditation n’est jamais ratée, c’est simplement une méditation avec beaucoup de pensées (rappelez-vous les attitudes, notamment celle du non-jugement)

Par ailleurs, nous avons besoin de penser pour organiser notre vie. C’est important que vous pensiez à vous lever le matin pour aller travailler, que vous pensiez à organiser vos vacances.

Nous avons besoin de penser à certaines choses, mais certaines pensées ne nous servent pas à grand-chose. En méditation, on apprend à repérer les pensées qui ne nous servent à rien, voire qui nous nuisent. Certaines pensées peuvent influencer notre humeur, et celles-ci doivent évidement être examinés avec la plus grande attention. Une fois que nous les avons identifiées nous pouvons apprendre à ne pas les nourrir, les entretenir, en revenant à l’instant présent.

Les pensées en méditation : les accueillir vraiment :

Il n’est pas rare que nous cherchions à supprimer les pensées au lieu de les accueillir vraiment. Nous devons vraiment prendre acte qu’il y a une ou des pensées, au lieu de chercher à les éviter ou à les supprimer. Si pendant la méditation vous constatez que vous avez une pensée, prenez vraiment le temps de constater (moment de pleine conscience), puis revenez à votre objet d’attention (souffle, sensations, etc.).

La technique du « ah, tiens ! » : si une pensée revient souvent, vous pouvez le remarquer et revenir au souffle. Et vous n’avez pas à essayer de supprimer la pensée, ou faire comme si elle n’était pas là. En bref, l’attitude mentale à adopter, c’est « ah tiens une pensée/cette pensée ! », je reviens à ma respiration/mes sensations.

Les pensées pendant la méditation : en faire une victoire. Cela peut vous surprendre, mais à chaque fois que vous remarquez que vous êtes partie dans vos pensées, ce moment est une prise de conscience. Vous êtes alors au cœur de la pleine conscience. Aussi, au lieu de vous blâmer, vous pourriez vous féliciter de l’avoir remarquée. De plus, plus vous avez de pensées, plus vous entrainer votre attention à revenir au présent.

Veillez également à ne pas repousser les pensées pendant la méditation. Cette attitude peut être très subtile, et insidieuse. Vous avez parfois l’impression que vous ne repousser pas, et pourtant, vous vous agacez, vous soupirez. Dès que vous constatez cela, prenez une grande inspiration pour accueillir votre état intérieur d’impatience. Plus vous cherchez à repousser une pensée, plus elle sera présente. C’est un peu comme si quelqu’un vous disait sans arrêt : « arrête de penser à ça ! arrête de penser à ça ! ». Que se passe-t-il ? Vous y pensez encore davantage.

Nos pensées/nos croyances :

Nos croyances ne seraient-elles pas des pensées ? Pas tout à fait, mais nous pouvons facilement croire que nos croyances sont difficiles à changer.

En fait, nous avons rarement conscience de nos croyances, elles répondent souvent à des discours que nous avons entendu étant petits, et que nous avons assimilé comme étant des vérités.

Pour vous donner un exemple : vous pouvez penser que vous allez avoir des difficultés à trouver du travail ou croire que les gens de votre âge ne trouvent jamais d’emploi. La croyance est souvent une pensée doublée d’une généralité : les gens riches sont tous pourris, donc mon voisin avec sa belle voiture est un pourri.

Vous pouvez remarquer quand vous avez des pensées, mais remarquez aussi quand vous faites des généralités. Les pensées ne sont pas la réalité, les généralités non plus.

Apprendre à vous en détacher vous libérera. Vous arrêterez de coller des étiquettes, pour voir la réalité telle qu’elle est. Et être en relation avec les gens et le monde qui vous entoure de façon plus ouverte, plus bienveillante.

Les pensées « collantes » pendant la méditation :

Il peut arriver que certaines pensées soient tellement présentes qu’on a l’impression qu’elles sont comme un chewing-gum collé sous notre chaussure. Elles nous accompagnent partout, et nous ne pouvons pas les laisser passer.

Que faire avec les pensées collantes ? Nous le verrons dans la pratique que je vous propose de faire ci-dessous.

Et puis, ces pensées collantes sont peut-être là parce que votre actualité est intense. Si vous devez organiser une grand évènement, ou que vous allez faire quelque chose d’important pour vous, c’est normal d’y penser souvent. Sans nourrir forcément ces pensées, acceptez qu’elles soient là pour un moment.

Méditation sur les pensées :

Peut-être allez-vous être surpris, mais savez-vous que vous pouvez faire une méditation sur vos pensées ?

Si vous avez commencé à méditer, vous avez pris l’habitude de prendre comme objet d’attention votre respiration ou vos sensations. Dans cette méditation, vous allez vous focaliser sur les pensées, pas en nourrissant vos pensées par des réflexions ou des discours intérieurs. Mais en portant votre attention sur le processus des pensées.

Vous commencez par vous installez dans votre posture de méditation.

Puis vous prenez un moment pour stabiliser votre attention sur le souffle.

Une fois l’attention établie, vous prenez simplement conscience des pensées qui arrivent. En portant votre attention sur la manière dont elles surgissent dans le champ de la conscience. Sans les nourrir, et sans les repousser, juste en remarquant comment elles arrivent. En vous focalisant sur leur arrivée, leur déploiement, et leur dissolution.

Si des pensées « collantes » se manifestent, vous pouvez alors simplement vous dire intérieurement : « tiens encore cette pensée sur… ».

Cela demande un peu d’entrainement, et vous pouvez vous sentir déstabilisé par cette pratique. Si c’est le cas, revenez simplement au souffle, puis refaites un essai un peu plus tard.

Et racontez-moi votre expérience dans les commentaires.

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