femme en méditation de pleine conscience
Conseils de pratique

Les attitudes de pleine conscience, et comment les développer ?

Vous vous intéressez à la méditation de pleine conscience, et vous aimeriez améliorer votre pratique. Mais voilà, vous n’avez pas toujours le temps de suivre des cours. En vous connectant aux attitudes de la pleine conscience, vous pratiquerez différemment.

Dans cet article, je vous explique en quoi consistent les 7 attitudes fondamentales de pleine conscience. Et cela vous aidera à les intégrer dans votre pratique.

Les attitudes de pleine conscience, en quoi cela consiste ?

Une attitude est définie par sa manière d’être, que ce soit physique ou mentale. On peut avoir tendance à penser qu’elle demande un certain effort, mais au contraire, une attitude est plutôt une prédisposition, une façon d’être que nous avons plus ou moins naturellement.

Dans la pleine conscience, il ne s’agit pas de forcer les attitudes à se développer. Il s’agit plutôt de favoriser leurs émergences, en prenant conscience de vos schémas mentaux, et en mettant une intention claire lors de vos pratiques.

A force de pratique, certaines attitudes de pleine conscience se développent naturellement. Elles s’enrichissent les unes les autres.

Voyons donc quelles sont les attitudes, et quel état d’esprit elle requiert pour se développer.

Première attitude : le non-jugement.

Quand nous commençons à faire attention à l’activité de notre esprit, il est courant de constater que nous émettons souvent de nombreux jugements. Nous avons tendance à étiqueter nos expériences, en les considérant comme bonnes, mauvaises ou neutre. Nous aimons ceci, détestons cela, et à force d’être dans ces attitudes de jugement, nous finissons par colorer nos expériences à travers ces « j’aime », « je n’aime pas ».

Prenons un exemple : vous vous levez le matin, et vous constatez qu’il pleut. Si cela fait des semaines qu’il fait une chaleur étouffante, vous pouvez être soulagé de la fraîcheur qui va s’installer. Mais si cela fait déjà une semaine qu’il y a de la pluie tous les jours, vous pouvez alors détester cette nouvelle journée pluvieuse. Si vous vous dites : «oh, ras le bol, il pleut encore, j’en ai marre ! », ou si vous vous dites : « Chouette, un peu de pluie, je vais mettre mes nouvelles bottes ! », alors votre journée risque fort d’être différente. C’est ainsi que vos jugements affectent la manière dont vous vivez les événements, et vos journées.

Alors la prochaine fois qu’il pleut, vous pourriez surveiller votre mental, et vous dire simplement : « il pleut ! ». Vous verrez qu’au fil des jours, si vous êtes attentif aux jugements inutiles, la coloration de vos journées sera différente.

Pendant votre pratique, remarquez les moments où vous faites des jugements : sur votre souffle (trop rapide, trop ceci ou trop cela), sur votre posture (pas assez comme ceci), ou sur vos pensées (trop présentes, bêtes ou inutile). Et revenez simplement à votre objet d’attention, sans vous juger (ce serait le comble, n’est-ce pas, de cultiver le non-jugement en se reprochant d’être dans le jugement).

Attention, il ne s’agit pas de devenir complètement neutre pour tout. Vous pouvez être joyeux à l’annonce d’une bonne nouvelle, vous réjouir de manger un plat qui vous plait, ou adorer la blague de votre collègue de bureau. Il s’agit juste de remarquer les jugements qui vous rendent tristes, ou vous affectent au point de changer votre humeur.

Deuxième attitude : la patience.

La patience est une forme de sagesse. Elle prouve que vous êtes capable d’accepter que les choses doivent se déployer à leur propre rythme. La chenille ne devient pas papillon en un jour. Nous pouvons parfois impacter les événements de nos vies, pour avancer plus rapidement vers un projet. Mais d’autres fois, il nous faut attendre, que ce soit le bon moment, que nous soyons prêts, que le temps fasse son œuvre.

Lors de nos pratiques, nous développons cette attitude de pleine conscience de façon naturelle. Simplement parce que vous n’arrêtez pas la pratique dès que vous vous ennuyez, ou dès que vous avez trop de pensées. Savoir rester assis sur le coussin, concentré sur l’objet d’attention que vous avez choisi, malgré l’impatience, l’agacement, va vous permettre de développer plus de patience. De la patience vis-à-vis de votre pratique, mais aussi vis-à-vis de vous-même, puis envers les autres et les événements de votre vie.

La patience nous apprend que nous devons être simplement présents à ce qui est sans forcément remplir tous les moments de notre vie avec des activités. En acceptant que les choses se déploient à leur propre rythme.

Et vous verrez qu’en cultivant la patience, vous cultivez aussi une autre attitude (je vous en parle plus loin).

Troisième attitude : l’esprit du débutant.

L’attitude de l’esprit du débutant (ou l’œil du débutant) consiste à voir les choses comme si elles se déroulaient pour la première fois. C’est une attitude qui consiste à se dire : « je ne sais pas ». Trop souvent, nous laissons nos pensées, nos croyances et nos jugements nous empêcher de voir les choses telles qu’elles sont réellement. Si vous avez déjà parlé à une personne, vous pouvez avoir tendance, par exemple, à anticiper ce qu’elle va répondre. Et si vous faites comme si c’était la première fois que vous parlez à cette personne, les mots que vous utilisez seront forcément différents. C’est particulièrement le cas lorsque vous vous adressez aux membres de votre famille. Vous avez l’impression de les connaitre si bien que vous pouvez anticiper leurs réactions, ou les réponses qu’ils vous font.

En adoptant l’œil du débutant, vous vous autorisez à voir les choses sous un nouveau jour. Et à force de pratique, vous pouvez développer de nouvelles compétences pour aborder les événements de votre vie, sans cet à priori qui consiste à se dire : « je sais comment cela va se passer ».

Lors de la pratique, vous pouvez pratiquer l’œil du débutant, en redécouvrant chacune de vos respirations comme si c’était la première fois. Cela vous entraînera pour développer cette attitude de pleine conscience dans votre quotidien.

Vous pouvez aussi mettre en pratique cette attitude lorsque vous rentrez à la maison. Observez vos proches comme si c’était la première fois que vous les rencontriez.

Bien sûr, vous devez aussi vous protéger si vous savez que certaines situations peuvent vous mettre en difficulté. Il ne s’agit pas de redécouvrir qu’une flamme brûle en mettant votre main au feu.

Quatrième attitude : la confiance.

La confiance est une donnée fondamentale dans le développement de la méditation. Il est très important d’avoir confiance en votre propre intuition. Et cela, même si vous faites de temps en temps des erreurs, plutôt que d’aller chercher des indications à l’extérieur de vous-même.

Si quelque chose ne vous semble pas juste, tenez compte de votre ressenti plutôt que de vous fier à ce que disent ou pensent d’autres personnes. Les livres, les enseignants, les enregistrements ne sont que des guides pour vous apprendre  être pleinement vous-même.

En pratiquant la pleine conscience, vous apprenez à être vous-même, à écouter votre être profond et à vous y fier.

Lors de vos pratiques, installez-vous avec confiance dans la posture, sans douter des bienfaits de votre pratique régulière. Cela vous entraînera à développer cette capacité dans votre quotidien.

Cinquième attitude : le non-effort.

Vous vous êtes probablement engagé dans la voie de la méditation pour un motif, être plus serein, être plus concentré, moins stresser. C’est pour cette raison que le non-effort est sans doute l’attitude de pleine conscience la plus difficile à cultiver.

Dans la méditation vous devez abandonner tous vos objectifs. Si vous vous préparez à méditer, en vous disant que vous le faites pour être plus détendu, ou plus relaxé, cela insinue que  vous n’êtes pas OK avec ce que vous êtes maintenant, dans l’instant présent. Vous êtes dans l’attente de résultats, et plus dans ce qui est là, dans le moment présent.

Ne cherchez pas à obtenir un résultat, mais accueillez simplement ce qui est là. Si vous êtes stressé, agacé, impatient, prenez simplement conscience de cet état mental, et revenez à votre objet d’attention (respiration ou sensations corporelles).

Cette attitude est souvent difficile à cultiver, car nous sommes conditionnés pour faire des choses dans le but d’obtenir un résultat. Donc soyez patient avec vous-mêmes, et pratiquez avec bienveillance. Au fil de vos pratiques, vous finirez par obtenir les résultats que vous visez.

Sixième attitude : l’acceptation.

Accepter signifie voir les choses telles qu’elles sont dans le moment présent. Nous dépensons souvent beaucoup d’énergie à vouloir que les choses soient différentes de ce qu’elles sont. Cela nous empêche d’accueillir les choses comme elles sont, et de lâcher prise de nos attentes. Nous pouvons créer beaucoup de tensions à chercher à obtenir que les choses soient différentes.

En cultivant délibérément l’acceptation, vous créez les conditions préalables à la résolution de vos problèmes. Accepter ne signifie pas que vous devez aimer tout, ni être satisfait de tout ce qui arrive, ou que vous deviez adopter une attitude passive et abandonner vos principes. Cette attitude créé simplement les conditions nécessaires pour agir de façon appropriée. En ayant une vision claire de la situation, et non voilée par le filtre de vos jugements, vous saurez quels actes poser. La patience d’attendre que les choses changent d’elles-mêmes peut alors se manifester. Parfois, c’est tout simplement le temps qui change les choses.

Dans la méditation, lorsque nous cultivons l’acceptation, nous veillons à rester réceptifs à tout ce que nous sentons, pensons, ou voyons, sans essayer d’imposer nos idées sur ce qui devrait être.

Lors de votre pratique, soyez simplement attentif à ce qui est là, si votre respiration est différente de ce que vous souhaitez, accueillez simplement cela.

A force de pratique, vous finirez par lâcher prise de vos jugements, et de vos attentes excessives, pour vous relier pleinement à votre expérience.

En cultivant cette attitude, cela ne signifie pas que vous renoncez à changer ce qui peut l’être, mais que vous arrêtez de batailler pour essayer de changer les choses qui ne peuvent pas être changées.

Et maintenant, voyons la septième attitude de pleine conscience. Et pour vous, je vous indique une attitude en plus à ne pas négliger.

Septième attitude : le lâcher prise.

Quand nous commençons à faire attention à notre expérience intérieure, nous découvrons rapidement qu’il y a des pensées, des sentiments et des situations auxquels notre esprit semble vouloir s’agripper. Nous pouvons parfois avoir des jugements sur des personnes ou des façons de faire, ou nous accrocher à des idées reçues.

Dans la méditation, nous mettons délibérément de côté notre tendance à valoriser certains aspects de notre expérience et à en rejeter d’autres. Le lâcher prise nous permet de laisser les choses être telles qu’elles sont. Nous reconnaissons simplement notre tendance à nous accrocher à certaines pensées ou à certains jugements.

Si cela nous parait difficile, rappelons-nous que c’est ce que nous faisons à chaque fois que nous nous endormons. Si nous éprouvons de la difficulté à nous endormir, et que nous tentons de nous forcer, les choses empirent. En lâchant prise, en acceptant et en accueillant les choses telles qu’elles sont, nous évitons que nos schémas de pensée, nos jugements soient trop puissant. Et nous permettons l’émergence de nouvelles possibilités.

L’attitude bonus : la bienveillance.

A travers toutes ces attitudes de la pleine conscience, vous pouvez vous sentir bien démunis, et avoir l’impression que vous n’y parviendrez jamais.

Aussi, à chaque fois que vous vous surprenez à vous blâmer parce qu’une attitude contraire à la pleine conscience se manifeste, soyez indulgent envers vous-mêmes. Ce n’est pas facile de changer, cela demande du temps et de la patience. Nous rencontrons tous ces difficultés lors de notre pratique. Alors ne vous blâmez pas.

En comprenant en quoi consiste chacune d’entre elles, vous modifiez déjà l’état d’esprit avec lequel vous vous engagez, et les attitudes peuvent alors se développer naturellement au fil des pratiques

Bonne pratique !

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